Situé boulevard Pacheco, au cœur de Bruxelles, le projet Pacheco 32 prend place dans un bâtiment chargé d’histoire : l’ancienne Monnaie royale, où étaient autrefois frappées les pièces belges. Longtemps fermé sur lui-même, presque hermétique à la ville, l’édifice a fait l’objet d’une ambitieuse reconversion pour devenir aujourd’hui un ensemble de bureaux (11.000 m2 loué au ministère de l’Éducation de la Fédération Wallonie-Bruxelles), 13 unités de coliving, principalement destinées à des étudiants internationaux, et un espace commercial.
Lancé à l’origine par un concours d’architecture, le projet a connu plusieurs évolutions. Une première proposition prévoyait une démolition-reconstruction, mais cette approche n’a pas été validée par les autorités patrimoniales. En 2020, un nouveau projet voit le jour, fondé sur un principe fort : préserver l’existant tout en le transformant en profondeur.
L’un des principaux enjeux était d’apporter de la lumière naturelle à un bâtiment historiquement très fermé. Les façades ont été largement ouvertes, notamment sur le boulevard Pacheco et la rue du Mayboom.
Les circulations ont également été repensées. Deux noyaux existants, mal positionnés, ont été déconstruits et remplacés par de majestueux escaliers monumentaux qui structurent désormais l’atrium et favorisent les échanges entre les différents niveaux.
Sur le plan environnemental, le projet se distingue par une approche résolument bas carbone. Près de 85 % du volume de béton existant a pu être conservé, limitant fortement l’empreinte carbone du chantier. Les nouveaux matériaux ont été sélectionnés pour leur faible impact environnemental, avec un recours massif au bois : plus de 1 300 m³ ont été mis en œuvre.
Certaines structures ont été réalisées en silico-calcaire, moins carboné que le béton armé, tandis que l’équilibre entre démolition et reconstruction a permis de préserver les fondations existantes. Seuls les nouveaux noyaux ont nécessité des micropieux.
Un nouvel étage en structure bois a également été ajouté en toiture, remplaçant un ancien niveau technique inutilisable. Préfabriqués et assemblés avec précision, les éléments en lamellé-collé et en CLT offrent une solution légère, performante et durable.
Au-delà de la performance technique, Marnix incarne une nouvelle manière de rénover la ville : privilégier la transformation plutôt que la démolition, valoriser le patrimoine, réduire l’impact carbone et créer des espaces ouverts, lumineux et adaptés aux usages contemporains.
Ce projet illustre ainsi comment un bâtiment historique peut devenir un véritable laboratoire de la transition écologique et architecturale.
Développeur : Befimmo
Architectes : architectesassoc+
Bureau de structure : WOW engineering

Laisser un commentaire