REMEMBER SOUVENIR : Denis Meyers – Solvay / IMMOBEL – BPI

In 2016, the artist Denis Meyers took possession of the Solvay building in the heart of the Ixelles municipality. In collaboration with the current developers, IMMOBEL (ex-Allfin) and BPI, the Belgian street artist has painted 25.000 sq.m (out of 50,000 sq.m) with the idea of creating a huge and unique total urban artwork.

Denis Meyers
for the projet Remember Souvenir in Solvay (Brussels, Belgium) / IMMOBEL – BPI

44 rue du Prince Albert
1050 Brussels
+32 2 640 51 81
info@a2m.be

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Technical sheet of this architecture video clip
Journalist : Emma C. Dessouroux
Cameraman : Didier Minne – Geoffroy Minne / Kinodoc – Julien Stroïnovsky / Novsky Films

Editing : Emma C. Dessouroux / Cristina Dias
Direction : Emma C. Dessouroux
Production : Les Délires Productions

Translation : MDR Translations
Subtitles : Cristina Dias

Original transcription

Je connaissais les bâtiments Solvay depuis très longtemps, depuis que je suis arrivé à Bruxelles dans les années 2000. J’ai habité pendant plus de 10 ans vraiment près d’ici, à moins de 150 mètres. Quand j’ai appris que le bâtiment allait être détruit, ça a été une sorte de déclic dans ma tête en me disant « voilà peut-être l’occasion que tu attendais depuis des années pour faire un projet un peu plus conséquent, un peu plus intéressant et un peu plus narratif que les travaux que je faisais régulièrement en tant que graphiste, en tant que peintre ».

Je voulais une espèce de changement dans la lecture des travaux que je faisais notamment en termes de fresques. J’en avais marre de ce côté frontal et lecture directe. J’avais vraiment envie d’avoir un projet où je pouvais travailler sur la longueur, sur plusieurs mois, et de pouvoir intervenir sur des pièces successives, sur une narration, sur un parcours, sur une histoire.

Ce projet est clairement lié à une blessure, à une séparation, à une souffrance. Après, je crois et j’en suis même persuadé, que c’est ce projet-ci et tout ce qui s’est fait autour qui m’a permis de relever la tête et de récupérer une partie de ce que j’étais il y a un peu plus de deux ans.

Quand je suis arrivé dans ce bâtiment, pour la première fois, fin du mois d’août 2015, pendant 10 à 15 jours, je n’ai fait que me promener. Du matin au soir. Déambuler dans tous les sens. Pour comprendre le bâtiment, voir comment il était articulé, voir comment il avait été construit au fil des décennies.

Sur les murs, il y a différentes choses. Il y a un travail typographique, il y a des verbes à l’infinitif en quantité qui sont une expression de ce que je ressens sur le moment où je le fais. C’est beaucoup d’improvisation, c’est beaucoup de réflexion. Je me plonge au fond de moi-même dans mon cœur, dans ma tête. Je sors ce que j’ai besoin de sortir. Il y a des visages, il y a des silhouettes, il y a des objets. Il y a des textes continus qui viennent pour la plupart de mes carnets de dessins, de 20 ans de carnets de dessins. Les visages qui sont ici et un peu partout dans tout le bâtiment viennent vraiment de mes carnets de dessins : des gens de ma famille, des inconnus, des dj’s, des musiciens, mes enfants, …

Pour que les éventuels visiteurs ou journalistes qui viennent découvrir le projet ne puissent pas comprendre l’intégralité de ce que j’écris parce que ça reste très privé et que je n’ai pas envie de tout livrer non plus, j’ai trouvé des trucs et astuces, des stratagèmes pour que la complexité et l’intégralité du texte ne soient pas compréhensibles totalement.

Je me rends compte de plus en plus depuis qu’il y a les visites que ce projet crée une émotion, crée des souvenirs chez les gens. Il y a des gens qui sortent d’ici en pleurant. Il y a des gens qui m’envoient des messages, 2-3 jours après, en me disant « ça fait 3 jours que je n’ai pas pu sortir un mot ». Il y a des gens qui me contactent une semaine après en me disant « en sortant de votre projet, j’ai eu tout un tas de sentiments qui m’ont envahi, qui m’ont poussé à recontacter des gens avec qui je n’avais plus de contact depuis 15 ans, avec qui j’étais en froid depuis des années ». Donc, ce projet m’a apporté beaucoup de choses. L’art dans sa manière globale et dans la manière dont moi je l’aborde, c’est quand même proposer ou essayer de donner une émotion aux gens. D’une certaine manière, je pense que c’est plus ou moins réussi.

La démolition du bâtiment est inhérente au projet. Je le savais d’entrée de jeu. Je n’aurais jamais pu faire ce projet si le bâtiment n’était pas destiné à être totalement démoli. Ça fait partie du jeu. Je l’ai intégré dès le début. Je l’intègre de plus en plus pour me préparer à devoir quitter ce lieu. J’ai pris goût à ce bâtiment, je le connais par cœur. J’aimerais vraiment être derrière les commandes de ce fameux bulldozer quand il commencera à démolir le bâtiment. C’est important pour moi. Je me doute bien que techniquement ce n’est pas si facile que ça d’utiliser un bulldozer qui doit faire aux alentours de 80 tonnes mais j’ai fait une petite formation avec le mini-bulldozer qui détruit les cloisons. Une autre formation avec un plus gros bulldozer qui remplissait le container des déchets. J’espère que la société m’autorisera à être aux commandes pour le premier coup de pince pour détruire le bâtiment.

English subtitles

I had known the Solvay buildings for a very long time, since I arrived in Brussels in the 2000s. I lived really close by for more than ten years, less than 150 metres away. When I heard that the building was going to be demolished, something went click in my head telling me “maybe this is the opportunity that you have been waiting for all these years, to do a project that’s a bit more substantial, more interesting, and more narrative, than the works that I’d been doing as a street artist, as a painter”.

I wanted a kind of change in the way the people interpret my works, especially of murals. I was tired of this front face and direct interpretation. I really longed to do a project where I could work lengthways, over several months, and to be able to work with sequential rooms on a story, a journey, a history.

This project is clearly linked to an injury, a separation, to suffering. I’m even convinced that it was this project, and everything that was done around it, that enabled me to lift up my head and recover a part of who I was some two years ago.

When I arrived in this building for the first time, at the end of August 2015, for ten or fifteen days all I did was walk around. From morning till night. Wandering around in all directions. To understand the building, see how it was put together, see how it had been constructed over the decades.

There are all sorts of different things on the walls. There is a typographic work, there are a lot of verbs in the infinitive, an expression of how I was feeling at the time I was doing it. There’s a lot of improvisation, a lot of reflection. I dive deep into myself, my heart, my head. I take out whatever I need to take out. There are faces, silhouettes, objects. There are continuous texts that come mostly from my sketch books, from twenty years of sketch books. The faces that are here and a little bit all over the building really come from my sketch books; people from my family, strangers, DJs, musicians, my children…

All of this in fact remains very private, and I don’t want to give everything away. So, to prevent future visitors or journalists who come to discover the project from being fully able to understand what I write, I found some tips and tricks, strategies for making sure that the complexity and the entirety of the text is not fully comprehensible.

Since the project has been open to visitors I realise more and more that it creates an emotion, and memories, in people. There are people who leave here in tears. There are people who send me messages, two or three days later, telling me they haven’t been able to say a word for three days. There are people who contact me a week later telling me that, coming out of my project, a whole load of feelings invaded them and pushed them to get back in touch with people they hadn’t been in any contact with for years. So this project has delivered many different things. Art in its universal form, and in the way I approach it is after all about suggesting, or trying to convey, an emotion in people. In one sense I think that that has been more or less successful.

The demolition of the building is integral to the project. I knew this right from the start. I would never have been able to do this project if the building hadn’t been scheduled for total demolition. It was all part of the game. I took it into account right from the beginning. I integrated it more and more, to prepare myself for leaving the place. I acquired a taste for this building, I know it by heart. I would love to be sitting at the controls of that famous bulldozer when it begins demolishing the building. It’s important for me. I’m sure that technically it’s not easy at all to drive a bulldozer which must weigh around eighty tonnes, but I’ve done a bit of training with the mini-bulldozer that tore down the partition walls. And some more training with a bigger bulldozer that filled the container with waste. I hope that the company will allow me to be at the controls the first time that bulldozer claw crashes down to destroy the building.

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About The Author
- Les Délires Productions sprl is an audio-visual production company based in Brussels since 1998. With various short fiction and animation films on its lists of productions as well as documentaries and other programmes for the RTBF, CANAL +, ARTE, the UNICEF and also Disneyland Paris, Les Délires Productions sprl has become a pioneer in the production of Internet videos. As early as 2003 the company launched into the creation of the website misteremma.com. Les Délires Productions also works on urban events in Brussels (Parcours surréalistes, Tribus urbaines, Humours du Monde, Mister Emma Art Loft) and, since 2006, has produced Archi Urbain, a programme on architecture and urban planning that goes out every week on Télé-Bruxelles (Belgium) and is re-screened on TNA (France), and La Trois – RTBF (Belgium). Would you like us to produce an architecture video clip of your work and also benefit from the services of caviar.archi? Contact us at info@lesdelires.be

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